[Communiqué] Ultime réponse à l’ARM : Entre mensonge, sexisme et gauchisme… La présence de l’ARM dans le mouvement étudiant pose question

Ce communiqué fait suite à celui de l’ARM (Arme Révolutionnaire Marxiste) à notre sujet. Bien que cette énième attaque de l’ARM nous semble seulement alimenter une division de plus au sein du mouvement étudiant, et que, jusqu’à présent, nous avions fait le choix de ne pas répondre à leurs attaques, préférant nous atteler à notre activité syndicale, le dernier communiqué de l’ARM étant tellement rempli d’accusations mensongères et nous menaçant clairement, que nous avons donc fait le choix de nous exprimer pour la première et la dernière fois sur ce sujet.

De nombreux éléments sont présents dans le communiqué de l’ARM, pour autant, la quasi totalité de ceux-ci sont amenés sans aucune rigueur intellectuelle, ni source, ni citation des positions supposément tenues par le syndicat. Ainsi, l’ensemble des affirmations faites par l’ARM ne se base sur rien d’autre que l’image qu’ils se font de Solidaires Étudiant-e-s et non pas sur des positions politiques réellement prises par le syndicat.

  • Retour sur les faits

Le premier point à aborder est l’accusation qui nous est faite de mener campagne contre l’ARM. Tout d’abord, qu’est-ce qu’une campagne ? Selon le site du CNRTL c’est une “Intense activité menée pendant une période limitée et mettant en œuvre un maximum de moyens en vue d’un résultat précis et concerté. Cela passe généralement par un travail de propagande et d’activité concrète sur le sujet. Il est certain que depuis septembre, des désaccords entre Solidaires Étudiant-e-s Montpellier et l’ARM sont apparu. Cela a commencé avec la sortie d’un tract nous attaquant notamment sur notre campagne contre la transphobie, lancée en 2015 par notre fédération. Nous avons en effet obtenu l’inscription sur prénom d’usage pour les personnes trans à l’université Paul Valéry et parmi bien d’autres travaux, à la rentrée nous avons communiqué par voie d’affichage et sur les réseaux sur les démarches à suivre pour pouvoir faire cette inscription. Le tract mentionnant cette campagne a été collé sur nos affiches accompagné de bandeaux “social traître”. Suite à une discussion durant laquelle nous leur avons demandé de cesser ce recollage et exprimé l’absence d’intérêt de ce conflit d’affichage, des membres de l’ARM sont tout simplement venu agresser des militant-e-s dans notre local. Là encore, nous avons fait le choix de laisser couler. Puis l’ARM a décidé de taguer les collages contre les féminicides placardés devant la fac, là encore nous n’avons eu aucune réaction, mais des critiques de cette action ont été émise par diverses organisations/militant-e-s de gauche (Article du poing info par exemple). L’ARM confirme sa prise de position vis-à-vis de la campagne contre les féminicides plus bas dans le communiqué lorsqu’ils disent “Ainsi, un simple marquage, qui répondait pourtant directement à la campagne de division pseudo féministe initiée par le gouvernement et par Schiappa, a suffi pour susciter une haine identitaire et sexiste tout à fait délirante à notre égard.”

C’est dans ce contexte que, lors de l’assemblée générale du 4 décembre, une femme, n’étant pas membre de Solidaires Etudiant-e-s Montpellier, a proposé leur exclusion. La même chose s’est reproduite lors de plusieurs AG à la Soucoupe (des 4, 11 et 18 décembre), où la proposition de les exclure a émergée, venant une nouvelle fois de personnes extérieures au syndicat. L’ARM nous accuse d’avoir “profité de la fin de l’AG du 4 décembre, attendant que [leurs] camarades soient partis, pour faire voter l’exclusion de [leur] organisation, en [les] présentant comme des ‘violeurs potentiels’ “, notre position interne est pourtant contraire à cette affirmation. En effet, à ce propos, la position du syndicat est claire, et a été établie à la date du 18/11 lors de notre réunion hebdomadaire : le syndicat ne proposera pas l’exclusion de l’ARM, mais soutiendra les propositions de les exclure qui pourront être émises, notamment lorsqu’il s’agira de femmes qui mettrons en évidence leur comportement oppressif.

[Extrait compte rendu de notre réunion interne du 18/11 : “On ne vire pas l’ARM de nos AG, manif”

Réunion 02/12 : “Rappel : on vire pas l’ARM de l’AG”]

Il est donc mensonger de dire que Solidaires Étudiant-e-s Montpellier mène campagne contre l’ARM, dans la mesure où notre syndicat n’a sorti aucune propagande et n’a fait aucune proposition ou action concrète au sujet de cette organisation. De leur côté, l’ARM eux, ont sorti du matériel de propagande [tract « étudiants, bougez-vous le cul ! », ciblant notre campagne sur le prénom d’usage] et fait des actions concrètes à l’encontre du syndicat, dans l’objectif précis de nous obliger à modifier notre ligne syndicale. Ils ont donc mené campagne !

De plus, nous avons appris à postériori de l’AG, que des membres de l’ARM y avaient, aux abords de l’amphithéâtre, insulté une étudiante qui mettait en lumière leur sexisme, puis frappé un étudiant qui venait la défendre. L’ARM assume et revendique cette agression (nous nous sommes contentés de corriger ce jeune écervelé manipulé de façon mesuré”), et la justifiant en disant que cet étudiant était instrumentalisé par notre syndicat ! Ont-ils une si grande estime de nos compétences en manipulation pour penser que nous enverrions un étudiant les “agresser” pour notre compte ? L’ARM continue en disant que “ce genre d’agressions […] seront désormais sévèrement réprimées, au même titre que n’importe quelle attaque fasciste“.

Osent-ils comparer nos camarades de lutte, qui n’ont pas hésité à mettre les militants de l’ARM face à leur misogynie latente, à des fascistes ? Nous nous passerons de faire un cours d’histoire politique ici, mais remarquons que l’ARM n’hésite pas à employer à torts et à travers le terme “fascisme”. Pourtant, si méthodes fascistes il y a eu dans toute cette histoire, elles furent du coté de l’organisation qui a usé de menaces, de coup de pressions physiques et d’agressions ! Nous apportons tout notre soutien à nos camarades agressé-es, et affirmons qu’iels n’ont pas eu besoin de nous pour avoir une vision critique sur ce qu’est réellement l’ARM.

Nous allons maintenant revenir sur une autre légende fantasmée par l’ARM concernant l’Assemblée Générale du 4 décembre. En effet, dans leur communiqué, ils écrivent “poussés par l’acte d’immolation revendicatif d’un étudiant appartenant au même syndicat dans une autre ville, ils se sont finalement sentis obligés d’appeler à une Assemblée Générale (AG) de lutte le 4 décembre… “

Encore une fois ceci est faux. Nous avons décidé d’appeler à une Assemblée Générale contre Nexus et pour le retour de la treizième semaine lors de notre réunion mensuelle avec Sud Éducation le 6 novembre.

De ce fait, le procédé absolument répugnant visant à utiliser l’immolation de notre camarade pour établir une critique basée sur des faits encore une fois inexistant est scandaleux. La campagne pour la défense de nos formations est une campagne que prépare le syndicat depuis environs six mois avec un travail de fond et de documentation effectué en septembre et octobre avec Sud Éducation. Il n’a été qu’une question de hasard que cette campagne soit lancée à la même période que l’immolation de notre camarade. Suite à cet événement, notre syndicat s’est attelé, tant au niveau local qu’en participant intensivement au travail fédéral, à mener la campagne contre la précarité, organisant un premier rassemblement le 12 novembre devant le Crous [Lien vers notre revue de presse] puis une opération resto u gratuit le 26 novembre permettant à 688 étudiant-e-s de manger gratuitement [Lien vers notre communiqué]. Lors de cette opération crous gratuit, le syndicat a travaillé à lier constamment la question de la précarité et celle de la défense de nos formation, avec Nexus qui est l’exemple parfait de la réponse de la bourgeoisie face à la précarité étudiante. En effet, à la place de donner des moyens aux étudiant-e-s pour aller à l’université et aux établissements de fournir un enseignement de qualité, on dématérialise les enseignements. La fusion de la campagne sur la défense de nos formations avec la campagne sur la précarité a été adoptée lors de l’AG du 4 décembre sur proposition de notre syndicat. De plus, la campagne pour la défense de nos formations a été immédiatement recontextualisée dans un contexte plus large de privatisation de l’ESR, dans les cadres du processus de Bologne (processus de libéralisation de l’ESR déssinée notamment par les 47 plus grandes firmes européenne) [Compte rendu Assemblée Générale 04/12 + Article nexus/13ème semaine]

  • Solidaires Étudiant-e-s Montpellier, syndicat de lutte

A deux reprises dans leur communiqué, l’ARM insinue que nous serions de connivence avec l’administration de l’Université, ainsi on peut lire qu’on serait “Compromis jusqu’à l’os avec l’administration universitaire” et que “en tant que membres de l’instance décisionnelle du conseil des études et de la vie universitaire (CEVU), Solidaires-Etudiants-Montpellier fait son possible pour empêcher toute perspective de mobilisation étudiante.”

Reprenons tout d’abord la première citation qui parle donc de notre soit-disant compromission à l’administration de l’université. Tout d’abord nous partons du principe que derrière le mot administration, l’ARM parle des personnes constituant ce qu’on appelle communément la Présidence de l’Université et non pas de l’ensemble des personnels administratif de l’université. Il est intéressant de voir que cette accusation de compromission n’est accompagnée d’aucun faits, d’aucune preuves. Avons-nous échangé des droits étudiant-e-s pour des intérêts qui nous sont propres ? NON ! Avons-nous accompagné de façon cogestionnaire les politiques libérale de l’ESR en aidant à la mise en place des prérequis par exemple sur l’Université ? NON ! 

La question est donc : de quelle compromission parlons-nous ici ? L’ARM semble mettre cela en lien avec le fait que nous siégeons en CEVU. Notre position sur les conseils universitaire n’a pas changée : ils ne sont pas une finalité mais peuvent être utiles dans la construction de notre rapport de force, ils offrent une plus grande visibilité et surtout ils nous permettent d’avoir accès à un maximum d’informations nécessaire à l’élaboration d’un travail syndical de fond. Il est quand même assez curieux de voir qu’une organisation se revendiquant d’une “conception léniniste du parti” [La charte de l’arm] puisse faire une telle analogie, relevant clairement du gauchisme. Nous utilisons ici le mot gauchisme en faisant référence à la définition qu’en fait Lénine dans son livre La maladie infantile du communisme, le gauchisme. Doit-on encore expliquer l’intérêt d’allier lutte légale et illégale dans la lutte des classes, ou bien les militants de l’ARM vont aller relire le penseur auquel ils se prétendent appartenir ? Car en effet, la majorité des critiques que nous adressent l’ARM relève simplement et purement d’une conception gauchiste, et montre aussi leur faible connaissance de l’Université qu’ils prétendent vouloir mobiliser.

En effet, Solidaires Étudiant-e-s Montpellier s’est toujours inscrit pleinement dans les luttes étudiantes et interprofessionnelles. Nous avons une analyse claire de l’Université Paul Valéry et des étudiant-e-s qui y étudient. Nous savons, en effet, qu’il n’est pas possible lancer une mobilisation de masse avec un blocage à moins d’une semaine des partiels quand on est à peine 200 en Assemblée Générale. Nous ne concevons pas le blocage comme une finalité mais bien comme un moyen d’action qu’il est pertinent d’utiliser à certains stades de la lutte et pas à d’autres. Nous savons que construire une mobilisation de masse passe d’abord par un travail de fond énorme auprès des étudiant-e-s. Nous pensons qu’il faut partir des réalités concrètes des étudiant-e-s et montrer par l’argumentation les processus globaux dans lesquels ils s’inscrivent. Nous savons qu’il ne sert à rien d’organiser des Assemblées Générales pendant les rattrapages de janvier dans la mesure où il n’y aura quasiment pas d’étudiant-e-s sur l’Université. Nous savons aussi que pour tenir un blocage sur deux semaines pendant les examens, il faut un comité de mobilisation composé de minimum 70 personnes, et qu’en dessous de ce seuil, la seule chose que cela risque de faire c’est de nous mettre à dos des étudiant-e-s qui se verront obligé de galérer à passer leurs examens sur internet. Quand nous réfléchissons à la construction du mouvement étudiant, nous prenons en compte notamment les forces militantes présentes, les calendriers universitaires, le niveau de conscientisation des étudiant-e-s et donc la quantité de travail de fond qui a pu être fourni en amont avec des forces militantes qui, comme toutes les organisations aujourd’hui, sont restreintes. Quand nous réfléchissons à nos actions nous nous posons la question de l’objectif de celle-ci, de sa faisabilité, des ses conséquences concrètes dans la construction du rapport de force, de la sécurité des militant-e-s qui vont la mettre en oeuvre… Nous ne faisons pas de l’action pour faire de l’action, nous ne nous amusons pas à foncer éternellement dans un mur sans réfléchir, comme cela a été le cas avec les multiples pseudo blocage loin d’être réussis auquel l’ARM a pris part à travers le “Comité d’action”.

C’est bien parce que nous réfléchissons avant d’agir que nous avons été un fer de lance de la lutte étudiante contre le plan étudiant en 2018, que ce soit à l’Université Paul Valéry ou à l’Université de Montpellier. (Liens vers l’évenement de l’AG du 01/02/19 à Paul Valéry, la réunion d’information fac de droit 22 février, l’ag fac de sciences 15 mars, l’AG fac de droit 21 mars…) Nous avons fait un travail de fond conséquent (Lien vers notre article sur le plan étudiants) sur la même période qu’actuellement auprès des étudiant-e-s, nous avons construit la lutte pas à pas conjointement avec l’intersyndicale ESR où nous étions le seul syndicat étudiant véritablement actif. Nous étions les matins sur les piquets de grèves avec les étudiant-e-s mobilisé-e-s, sur les blocages avec les cheminots, en train d’occuper la fac de droit le 22 mars, de tout gérer après l’attaque fasciste, nous étions à toutes les AG faisant des points d’information complets sur le plan étudiants, le replaçant dans un contexte plus large de libéralisation de l’ESR, expliquant l’intérêt qu’a la bourgeoisie à faire de nous des travailleur-euse-s  adapté-e-s et adaptables au marché…(Voir notamment la conférence de presse suite au rapport de l’enquête administrative avec notamment l’intersyndicale ESR, où seul Solidaires Étudiant-e-s Montpellier est présent en tant que syndicat étudiant, voir particulièrement à la 30ème minute où le Camarade du SNESUP cite les membres de l’intersyndicale ESR).

Mais où était l’ARM à ce moment là ? Comment peuvent-ils se permettre de venir nous donner des leçons de militantisme alors que nous avons récemment fait la démonstration de notre capacité d’impulsion de mobilisation étudiante ?

Notre syndicat a la volonté de mener une réflexion sur le long terme et de ne pas être continuellement dans une logique de réaction, c’est par cette volonté qu’il a aussi de nombreuses victoires locales à son actif. Comme nous l’avons dit précédemment, il y a l’inscription sur prénom d’usage pour les personnes trans, mais pas que, n’en déplaise à l’ARM ! Nous avons obtenu en début d’année le remplacement de la responsable de la mission égalité (Lien vers notre communiqué), pour tout ce qui est prise en charge de discriminations, harcèlement, agressions. Nous avons fait supprimer la sur-facturation qu’avait mis en place le CROUS lorsqu’on ne payait pas avec la carte IZLY (Lien vers notre communiqué). Nous avons obtenu la mise en place d’une salle de restauration pour les étudiant-e-s sur l’université Paul Valéry, en réaction à l’interdiction de faire chauffer ses repas aux micro-ondes des CROUS (Lien vers notre communiqué).

Nous avons également obtenu sur la même université la construction d’une épicerie solidaire, avons fait retirer l’obligation de fournir ses relevés bancaire pour obtenir une exonération de frais d’inscription (chose qui était un véritable frein à l’accès à cette aide et qui, sous prétexte d’aider les étudiant-e-s, portait atteinte au secret bancaire et à la vie privée).

De plus, notre syndicat s’inscrit pleinement dans une démarche interprofessionnelle. En effet, dans leur communiqué, l’ARM critique notre soit-disant déconnexion des travailleurs, quand ils écrivent notamment “A des années-lumière de la réalité sociale du prolétariat et de ses lutteurs, notamment les Gilets Jaunes”. Pour autant, nous sommes membres de l’intersyndicale départementale, de l’intersyndicale ESR, et nous travaillons régulièrement avec les syndicats professionnels de Paul Valéry, la campagne sur nexus ayant été par exemple entièrement construite avec Sud Éducation (Lien vers notre article). Nous prenons part dans la mesure de nos forces à l’activité de Solidaires 34. Nous avons depuis le début soutenu le mouvement des Gilets Jaunes et avons appelé aux manifestations organisées par ces derniers (cf notre page facebook), manifestations dans lesquelles des militant-e-s de Solidaires Etudiant-e-s sont régulièrement présent-e-s. Pour autant, il est certain que nous faisons l’analyse qu’on ne peut faire une convergence des luttes, si il n’y a pas de lutte dans notre milieu, notamment à l’université. Nous savons quel rôle nous avons à jouer dans la lutte, nous privilégions ainsi de travailler à la construction de la lutte étudiante pour pouvoir après converger, ensuite, avec les prolétaires et éviter de faire une convergence du vide avec des discours tout fait sans prise en compte du niveau de conscientisation des étudiant-e-s. 

  • Sur la question du féminisme

Sur la question du féminisme, encore une fois l’ARM construit son analyse à partir de faits inexistants. En effet, ils affirment que nous serions rattachés au courant de l’intersectionnalité, là encore une fois on ne voit aucune source pour appuyer une telle affirmation. Et cela est normal, vu qu’il n’en existe pas ! En effet Solidaires Étudiant-e-s, au niveau fédéral, ne s’est pas rattaché à un courant du féminisme par soucis de respect de la charte d’Amiens, et il en va donc de même pour Solidaires Étudiant-e-s Montpellier. Ainsi, toute l’analyse de l’ARM à propos de notre conception du féminisme est, de fait, erronée car leur présupposé de départ l’est. Nous n’allons donc pas, ici, faire un plaidoyer pour l’intersectionnalité, cela ne correspondant objectivement pas à la ligne de notre syndicat. Pour autant, l’analyse de cette partie de leur communiqué est intéressante car elle nous permet de comprendre le caractère anti-féministe de l’ARM et leur claire méconnaissance des mouvements féministes.

Il est par exemple représentatif de cette méconnaissance d’assimiler la pratiques des réunions non-mixtes au seul courant de l’intersectionnalité (“ils ne supportent pas que d’authentiques marxistes rejettent leur idéologie individualiste, sexiste (réunion non-mixte, misandrie déguisée, etc.)”. En effet, la non mixité était déjà pratiquée par les féministes du MLF s’inscrivant dans la deuxième vague de féminisme dans les années 70 et donc bien avant l’apparition du courant de l’intersectionnalité. Elle est notamment utilisée comme outil de libération de la parole.

Ce qui est sous entendu par l’ARM, c’est que, prenant part aux luttes féministes, nous en oublions la lutte des classes. On le comprend notamment lorsqu’on lit “Ils doivent leur faire entendre que la lutte des classes prime sur toutes leurs lubies raciales ou sexuelles”. Tout d’abord on peut voir dans cette phrase que notre lutte féministe est rabaissée à une question de “lubies sexuelle”, mais passons.

Notre fédération a adopté une ligne féministe et anti-sexiste, ce positionnement étant nécessaire au vu des attaques aux droits des femmes “que ce soit par le biais des mesures d’austérité […], ou par le biais de l’accentuation de la précarité au travail, qui touche en premier lieu les femmes […], ou encore par le renforcement de discours réactionnaires” (3e congrès de SESL, 2017)

Ce qui va nous intéresser ici, c’est la place de la lutte des classes dans notre féminisme, et encore une fois, il est faux de dire que nous déconnectons ces deux questions, comme en atteste par exemple notre intervention lors de la journée du 8 mars pour solidaires 34 (Lien vers celle-ci)

En effet, dans cette intervention, nous expliquons clairement que nous pensons que le capitalisme se nourrit du système patriarcal et inversement. De fortes inégalités dans le monde du travail et à l’université s’observent entre les femmes et les hommes. De plus, nous affirmons la nécessité de sortir d’une conception moraliste du sexisme pour en avoir une conception plus matérialiste.

Tout cela nous amène donc à nous poser la question : est-ce que le problème de l’ARM est le courant de l’intersectionnalité ou juste le féminisme ?

Pour répondre à cette question nous sommes allé-e-s sur le site de l’ARM et avons épluché une grande partie de leurs écrits, dont notamment leur charte, leur “guide pratique de l’intervention révolutionnaire”, mais aussi des articles, des tracts…

Alors même que ces derniers écrivent dans leur communiqué qu’ils sont “des militants révolutionnaires, communistes et internationalistes, en guerre contre toutes les injustices et contre toutes les inégalités”, nous n’avons rien trouvé sur la question des inégalités entre les hommes et les femmes (à part quand il s’agit de critiquer un mouvement féministe, comme le montre ce tract). Rien dans leur charte, rien dans leur guide pratique, mais au delà de leur texte fondamentaux, on ne trouve rien dans des articles explicatif de lois, de logiques capitalistes… Nous n’avons absolument rien trouvé dans leur site sur les inégalités hommes-femmes au travail, sur le fait qu’il y ait un écart de salaire de 26%, sur le fait que 82% des temps partiels sont des femmes, sur le fait que 20% des femmes sont victimes de harcèlement sexuel au travail… Nous nous sommes particulièrement penché-es sur leur onglet “théorie marxiste”, et là encore rien sur la question des femmes, à croire qu’il n’existe pas de courant marxiste du féminisme ! Pourquoi ne pas parler de l’approche marxiste qui postule que “Dans la famille, l’homme est le bourgeois;  la femme joue le rôle du prolétariat” (L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État – Friedrich Engels) ? Pourquoi, à aucun moment mettre en lien le mode de production capitaliste et les inégalités entre hommes et femmes ? Pourquoi ne pas aborder la question des inégalités hommes-femmes sous le prisme du courant matérialiste, en utilisant les apports théorique de Simone de Beauvoir ou encore Christine Delphy par exemple?

La réalité, c’est que l’ARM est une organisation profondément anti-féministe parce qu’elle ignore, voire nie le rapport de domination, d’oppression, d’exploitation qui existe entre les hommes et les femmes. Elle l’ignore en expliquant à aucun moment dans leurs analyses la question des rapport hommes-femmes. Aussi, l’ARM rentre clairement dans la négation quand par exemple on lit “Féministes, opportunistes et bourgeoisie, tout ce petit monde s’entend en effet très bien pour culpabiliser l’individu et le transformer en petit flic chargé d’imposer le politiquement correct avec ses normes, son vocabulaire (novlangue), son écriture inclusive et ses interdits” (dans ce tract). Ici, l’ensemble des féministes n’ont donc pas d’autre objectif que de culpabiliser l’homme, le fait qu’elles puissent dénoncer une oppression est complètement balayé ! La lutte féministe, tout courant confondus, semble donc n’être rien d’autre pour eux qu’un frein à la lutte du prolétariat.


Nous avons donc montré que la critique que fait l’ARM de Solidaires Étudiant-e-s Montpellier est basée essentiellement sur des légendes, des fantasmes et non des faits réels, ne faisant preuve d’aucune rigueur intellectuelle. Nous ne nous sommes pas attardé à revenir sur les analogies folklorique en lien avec le “maccarthysme” ou encore la “bureaucratie”, essayant d’analyser le communiqué de l’ARM et l’ARM tout court dans sa logique globale.

Ainsi, nous avons vu que cette organisation tient des positions clairement anti-féministes, et que, de part ses positions anti féministe fait, toute seule, campagne contre elle-même. Leurs positions et leurs pratiques ont soulevé la question de leur présence dans le mouvement étudiant, et ce de façon indépendante de notre syndicat.

C’est notamment par rapport à ces derniers constat que nous pensons que l’ARM est devenu une question clairement source de division dans le mouvement étudiant. Il est certain, pour nous, que la présence de l’ARM dans le mouvement étudiant peut entraîner l’exclusion, de facto, de nombreuses militantes étudiantes.

A la fin de leur communiqué, ils écrivent : “Cependant, pour ne pas risquer de perturber davantage le front de la lutte, nous tenons à laisser une dernière chance de résolution pacifique du problème, en espérant pouvoir nous appuyer sur l’intervention de certains camarades de lutte proches du syndicat Solidaires.

Nous demandons formellement à nos camarades de lutte, à commencer par les vrais syndicalistes de Solidaires, de raisonner, de recadrer ou d’exclure au plus vite leurs rejetons dégénérés avant que la situation ne dégénère pour de bon.”

Premièrement, Solidaires 34 soutient totalement Solidaires Étudiant-e-s Montpellier. De plus, il est scandaleux qu’une organisation politique fasse preuve d’une telle volonté affichée d’ingérence vis-à-vis d’une organisation syndicale. Notre union syndicale affirme haut et fort que nous sommes Soudé·e·s, Uni·e·s et Déterminé·e·s à le rester en respectant l’indépendance de nos structures et la diversité de celles et ceux qui les composent. 

Solidaires Etudiant-e-s Montpellier n’obéit pas aux injonctions de l’ARM ainsi qu’à leurs menaces !

Si l’arm souhaite que le conflit qu’ils ont eux-même créé se résolve, qu’ils arrêtent de se prendre pour le bureau politique de Solidaires Étudiant-e-s Montpellier. Qu’ils cessent immédiatement leurs coups de pression physiques réguliers ainsi que leurs menaces, et fassent l’auto critique de leur anti féminisme primaire.

Seul-e-s les militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Montpellier décideront de ses positions syndicales.

Solidaires Étudiant-e-s Montpellier continuera à travailler activement à la construction de la lutte étudiante et à la défense de leurs intérêts en tant que travailleur-euse-s en formation.

Nous appelons l’ensemble des étudiant-e-s à prendre part à la lutte et à participer activement à sa construction en participant au comité de mobilisation le 28 janvier, en Assemblée Générale en Fac des sciences le 8 janvier à 15h ainsi qu’en manifestation le 9 janvier à 14h place Zeus.

On se retrouve aussi en Assemblée générale le 4 février à midi à Paul Valéry.

Le communiqué en PDF

 

Photo : © Le Poing Info

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